5 raisons de douter de l’efficacité des plantes dépolluantes

Une pièce lumineuse avec des plantes verte sur un étagere.

Les plantes dépolluantes, souvent vantées pour leur capacité à purifier l’air de nos maisons, sont-elles vraiment efficaces ? Sachant qu’actuellement, la qualité de l’air intérieur est une préoccupation croissante, notamment pour les personnes sensibles ou allergiques. C’est pourquoi, il est crucial de démêler le vrai du faux. Loin des promesses marketing, cet article se penche sur la réalité scientifique derrière l’efficacité des plantes d’intérieur. En combinant des études et des données pratiques, nous explorerons 5 raisons pour lesquelles l’effet dépolluant des plantes est surestimé. 

Raison 1 : Des études en laboratoire non représentatives

Lorsqu’on parle de plantes dépolluantes, l’image qui vient souvent à l’esprit est celle d’un havre de paix, où l’air est pur et sain, grâce à la présence de quelques feuilles vertes. Cependant, cette idée repose en grande partie sur des études menées en laboratoire, dont les conditions sont loin de refléter notre réalité quotidienne.

Des conditions de laboratoire idéalisées

Ces études, souvent citées pour justifier l’utilisation des plantes comme purificateurs d’air, sont réalisées dans des environnements contrôlés, avec des conditions optimisées pour la dépollution. Par exemple, une étude de la NASA, réalisée dans les années 1980, a montré que certaines plantes pouvaient éliminer des polluants comme le benzène, le trichloréthylène et le formaldéhyde. Mais ce qu’on oublie souvent de mentionner, c’est que ces expériences étaient effectuées dans des espaces confinés et scellés, avec des concentrations de polluants bien plus élevées que dans une maison typique.

Des scientifiques en train d'analyser des plantes dans un laboratoire.

La différence avec nos intérieurs

Dans nos maisons, l’air circule différemment, et les polluants ne sont pas présents dans les mêmes concentrations. Les résultats obtenus en laboratoire ne peuvent donc pas être transposés tels quels à notre environnement quotidien. De plus, la quantité de plantes dépolluantes nécessaires pour obtenir un effet similaire serait bien supérieure à ce que l’on pourrait raisonnablement avoir chez soi. Pour mettre les choses en perspective, il faudrait des centaines de plantes dans un espace de vie moyen pour reproduire les conditions de ces études.

Raison 2 : Nécessité de conditions spécifiques

L’efficacité des plantes d’intérieur dans la purification de l’air est souvent associée à l’idée qu’elles peuvent agir efficacement dans n’importe quel environnement. Toutefois, nous allons voir rapidement que cette perception est loin de la réalité.

L’Importance des conditions idéales

Pour qu’une plante dépurative joue un rôle significatif dans la purification de l’air, plusieurs conditions spécifiques doivent être réunies. Ces conditions comprennent, mais ne se limitent pas à, un type de sol particulier, une concentration précise de polluants, et, crucialement, un système de ventilation adapté. Par exemple, des recherches ont montré que pour qu’une plante élimine efficacement des polluants comme le formaldéhyde, elle doit être placée dans un sol enrichi de charbon actif et dans un environnement où l’air circule activement vers ses racines.

La réalité des foyers

Dans un foyer typique, ces conditions idéales sont difficiles, voire impossibles, à reproduire. La plupart des maisons ne disposent pas de systèmes de ventilation spécialement conçus pour diriger les polluants vers les plantes. De plus, la quantité de plantes nécessaires pour obtenir un effet significatif sur la qualité de l’air serait démesurée, transformant un espace de vie en une véritable jungle intérieure.

Une efficacité limitée

En conséquence, l’efficacité réelle des plantes dépolluantes dans nos maisons est très limitée. Bien qu’elles puissent apporter de petits bénéfices en termes de qualité de l’air, ceux-ci sont minimes comparés aux attentes souvent exagérées. Il est donc crucial de reconnaître cette limitation et de ne pas compter sur les plantes d’intérieur comme principale méthode de purification de l’air chez soi.

Raison 3 : Efficacité limitée des plantes dépolluantes face aux méthodes alternatives

Lorsque l’on compare les plantes dépolluantes à d’autres méthodes de purification de l’air, leur efficacité semble assez limitée.

Comparaison des plantes dépolluantes avec les purificateurs d’air

Lorsqu’il s’agit de purifier l’air intérieur, les purificateurs d’air électriques sont souvent bien plus efficaces que les plantes. Ces appareils sont conçus pour filtrer une grande variété de polluants, y compris les particules fines, les allergènes, et même certains virus. Par exemple, un purificateur d’air équipé d’un filtre HEPA peut éliminer jusqu’à 99,97 % des particules de 0,3 micromètres, une performance que les plantes « dépolluantes » ne peuvent tout simplement pas égaler.

Comparaison avec l’une des meilleures méthodes

Ouvrir les fenêtres pour permettre à l’air frais d’entrer est souvent plus efficace pour améliorer la qualité de l’air intérieur que de compter sur les plantes. Cette aération naturelle favorise un renouvellement régulier de l’air, diluant et évacuant les polluants accumulés à l’intérieur. En comparaison, les plantes ont un impact bien plus modeste sur le renouvellement de l’air. Par ailleurs, ouvrir les fenêtres est même plus efficace qu’un purificateur si l’air extérieur n’est pas trop pollué ou chargé en pollen.

La question de l’effet placébo

On n’oublie souvent le fort impact de l’effet placébo associé aux plantes d’intérieur. Beaucoup de personnes se sentent mieux simplement en ayant des plantes chez elles. De ce fait, cela peut créer une impression subjective d’air plus pur, même si l’effet objectif sur la qualité de l’air est minime.


La limite de l’action des plantes « dépolluantes »

Les plantes dépolluantes, bien qu’utiles pour ajouter une touche de verdure et de nature à nos intérieurs, ont une capacité très limitée à purifier l’air. Elles peuvent absorber certains composés organiques volatils (COV), mais leur action est lente et limitée en étendue. Pour obtenir un effet notable, il faudrait remplir une pièce avec un nombre considérable de plantes dépuratives, ce qui n’est ni pratique ni esthétique pour la plupart des gens.


Une pièce lumineuse avec des plantes vertes en masse.

Raison 4 : Manque de preuves concrètes pour certains polluants

La quatrième raison aborde un point critique : le manque de preuves scientifiques solides concernant l’efficacité des plantes d’intérieur contre certains polluants spécifiques.

Évaluation scientifique de l’efficacité des plantes dépuratives

Bien que certaines études aient démontré que les plantes peuvent absorber des composés organiques volatils (COV) comme le benzène et le formaldéhyde, les données concernant d’autres polluants sont moins concluantes. Par exemple, il existe peu de preuves démontrant que les plantes peuvent efficacement filtrer des polluants comme les particules fines PM2.5 ou le monoxyde de carbone dans un environnement domestique.

Variabilité et spécificité des plantes

En outre, l’efficacité des plantes varie grandement selon l’espèce. Certaines plantes peuvent être plus efficaces contre certains types de polluants, mais moins contre d’autres. Cette variabilité rend difficile la généralisation de leur utilité en tant que purificateurs d’air.

Perception vs réalité

La perception du public concernant les plantes dépolluantes est souvent influencée par des affirmations exagérées ou non vérifiées. C’est pourquoi vous devez distinguer les attentes populaires et les capacités réelles des plantes, basées sur des preuves scientifiques.


Raison 5 : Risques potentiels et réalités pratiques des plantes dépolluantes

Cette dernière raison aborde un aspect souvent négligé, mais crucial : les risques potentiels liés à l’utilisation de certaines plantes dépolluantes et la réalité pratique de leur intégration dans nos espaces de vie.

Risques cachés : derrière le feuillage

Vous devez considérer que certaines plantes d’intérieur peuvent présenter des risques pour la santé, surtout pour les personnes allergiques et les animaux domestiques. Par exemple, certaines variétés populaires comme le dieffenbachia sont toxiques si ingérées. De plus, les plantes peuvent parfois favoriser l’humidité et la moisissure, surtout dans des environnements mal ventilés, créant ainsi un environnement propice aux allergènes comme les acariens.

La pratique vs. la théorie : quand les plantes dépolluantes ne suffisent pas

Dans la pratique, maintenir un nombre suffisant de plantes pour un effet dépolluant notable peut s’avérer fastidieux et peu pratique. Non seulement cela nécessiterait un entretien constant, mais l’espace requis pour un impact significatif sur la qualité de l’air est souvent incompatible avec la vie urbaine moderne. Les plantes doivent être considérées comme des compléments esthétiques et psychologiques à un environnement sain, et non comme des solutions uniques à la pollution de l’air intérieur.

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